OpenMic #1 : AJ Tracey

AJ Tracey, concert de promotion du nouveau maillot Nike de Tottenham.
AJ Tracey, concert de promotion du nouveau maillot Nike de Tottenham.

Le sept juillet deux-mille seize, je tombe par hasard sur Leave Me Alone, le dernier son d’un certain AJ Tracey. Depuis, il s’assoit clairement à la table de mes trois artistes favoris. Le personnage, la musicalité, sa créativité, son flow, sa communication, ses choix de carrière, focus sur l’un des rappeurs qui, en ce moment, est l’un des plus en vogue outre-manche, et qui accompagne l’éclosion de la scène du « nouveau » rap anglais à l’international.

 

 

 

 

• Ses premiers pas

 

De son vrai nom Ché Wolton Grant (qu’il tient directement du Ché), AJ Tracey naît le 4 mars 1994 à Brixton dans le sud de Londres. Il passe ensuite son enfance dans le quartier de Ladbroke Grove, dans le district de Kensington. Dès l’âge de six ans, il commence à écrire, inspiré par son père, un ancien rappeur d’origine Trinidadienne, et par sa mère, DJ pour des radio pirates à Londres.

Il se lance dans le rap sous un premier nom de scène : Looney. Il écrit ses deux premières mixtapes avec son label MTP (My Team Paid) : Didn’t Make The Cut et No More Looney, qui sont principalement constituées de textes sur des faces B. Il abandonne à cette même époque les cours de criminologie qu’il a entrepris à la London Metropolitan University.

AJ Tracey et son chat
AJ Tracey, 2015

Il endosse le nom d’AJ Tracey en 2014 (d’après lui, il s’inspire d’un gars de son quartier, Stacey, qui faisait peur à tout le monde avec un nom de femme, et qu’il a donc lui aussi pris un nom féminin), sous lequel il va vraiment se faire sa place, avec ses premiers EP. En 6 mois, il en sort trois très orientés grime : The Front le 12 juin 2015 (six morceaux), Alex Moran le 4 décembre (cinq morceaux dont Spirit Bomb et Naila, qui ont marqué le début de sa notoriété) et enfin, le 25 décembre 2015, AJ’s Stocking Filler, son troisième et dernier EP pour cette année, composé de cinq sons. En plus de ces projets studio, il collabore avec le chaine YouTube MixtapeMadness pour son propre freestyle #MadAboutBars, qui va montrer au public la qualité de son écriture et de ses punchlines, le plaçant comme un espoir du rap anglais, à 21 ans.

• Son éclosion sur la scène anglaise

 

Il débute l’année 2016 en proposant le clip de Naila, et son propre Fire In The Booth (une série réputée de freestyle diffusée sur la BBC Radio 1Xtra et sur YouTube) qui totalise maintenant quatre millions de vues, et son freestyle #MicCheck sur la célèbre chaine LinkUpTv (une référence du rap anglais), qui lui compte dix millions de vues. De fil en aiguille, AJ Tracey se fait une place sur la scène et fait l’unanimité dans les critiques. Il montre l’étendue de son talent en posant tant sur des instrus trap dans ses freestyles, que sur des instrus grime, ou même drill, en feat avec Reeko Squeeze ou Reekz Mb et Youngs Teflon par exemple. Cette année 2016 se présente donc comme l’année de la révélation, notamment grâce au morceau Thiago Silva, en feat avec Dave, un jeune rappeur anglais de 17 ans encore peu connu à l’époque, avec qui il s’entend parfaitement. Le 2 décembre, il sort son EP Lil Tracey, qui vient finir cette année de la plus belle des manières. Sur ce projet, il varie les styles, allant de la trap avec Pasta, au grime avec Capri-Sun ou Buster Cannon.

 

 • Son évolution en 2017

 

L’année 2017 a été l’occasion pour lui de trouver sa voie dans la musique. Ne manquant pas de créativité et d’envie, le rappeur créer des liens avec Drake, accompagné de Dave, et décide de s’exporter vers les Etats-Unis. À son actif, des morceaux avec Denzel Curry, un son peu connu avec A$AP Rocky, et des collaborations avec des artistes peu connus tels que Sloan Evans ou Swoosh God. AJ Tracey se crée donc peu à peu son petit monde et décide lui-même de l’image de rappeur qu’il veut donner.

Le 6 octobre 2017 sort son cinquième EP : Secure The Bag !. Avec cet EP, il nous montre qu’il est toujours capable de poser sur des instrus grime (cf : Blacked Out), mais qu’il s’ouvre à d’autres univers musicaux. Même si la plupart des morceaux sont produits par son pote Nyge, on ressent plus de sonorités outre-atlantique qu’anglaises dans cet EP. On retrouve des producteurs comme KeanuBeats (qui a produit What The Price de Migos), une collaboration avec Denzel Curry et JME, et un morceau avec Craig David. Finalement, c’est un projet réussi qu’on ne se lasse pas d’écouter, à n’importe quel moment.

 

Au Japon, pour le tournage de Buster Cannon.
Au Japon, pour le tournage de Buster Cannon.

• Sa communication, un point fort

 

Il partage régulièrement son intérêt pour la mode streetwear (il porte de nombreuses marques de streetwear de luxe comme Supreme, The NorthFace, VLONE, Bape…) mais aussi pour la haute-couture, au point de se rendre à des défilés de mode (Milan, été 2017).

 

Malgré son succès, il reste proche de son public, notamment grâce à Twitter et Instagram. Réseaux sur lesquels il partage sa passion pour le club de Tottenham mais aussi le foot en général, pour les jeux vidéo, et où il n’est pas rare de le voir interagir avec ses plus fidèles followers. C’est aussi grâce à sa bonne communication (qui est sans aucun doute le reflet de sa personnalité) qu’il est, je pense, autant apprécié, et que les critiques son unanimes à son sujet. En parallèle, il entretient de bonnes relations avec la plupart des rappeurs qu’il à l’occasion de voir en tournée, en festival etc. Il envoie vraiment une bonne image du rappeur, et on voit qu’il sait ce qu’il fait.

 

 

 

Son dernier titre, Mimi, est disponible sur toutes les plateformes de streaming et sur YouTube :

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